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09/06/2009

Intervention sur le projet de loi relatif à la programmation militaire

Je viens d'intervenir en séance à la discussion de l'article premier du projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2009 à 2014 et portant diverses dispositions concernant la défense (nos 1615, 1720, 1552, 1558).


M. le président. La parole est à M. Jean-Pierre Grand.

M. Jean-Pierre Grand. Monsieur le président, monsieur le ministre, mes interrogations coulent de source.

Dimanche se tenaient les élections européennes.

M. Jacques Myard. Ah bon ?

M. Jean-Pierre Grand. Les prochaines auront lieu dans cinq ans, en 2014 ; il s’agit de la même durée que celle couverte par le présent texte. Pourquoi donc, monsieur le ministre, au cours de la campagne électorale, le Gouvernement et les responsables politiques ont-ils pris un soin méticuleux à ne pas parler de l’Europe de la défense ?

Mme Françoise Olivier-Coupeau. Eh oui !

M. Jacques Myard. Elle n’existe pas !

M. Jean-Pierre Grand. Dans cet ordre d’idée, je me pose la question de savoir pourquoi on ne trouve pas le moindre mot sur l’Europe de la défense dans le texte que nous examinons.

M. Alain Néri. Très juste !

M. Jean-Pierre Grand. Je trouve cette absence des plus inquiétantes. Nous avons en effet voté le retour de la France au sein du commandement intégré de l’OTAN – je n’étais pas de ceux qui y étaient favorables –, retour qui devait s’assortir, nous avait-on garanti, de la poursuite de la construction de l’Europe de la défense.

Or cette question a été aussi peu abordée au cours de la campagne pour les élections européennes qu’elle ne l’est aujourd’hui, alors que nous devrions être en train de discuter en premier lieu de ce grand et beau projet qui seul garantira l’Europe politique.

M. Jacques Myard. Amen !

M. Jean-Pierre Grand. Ensuite, monsieur le ministre, quid du second porte-avions ? Nous demeurons tous très attentifs à cette question. Un des orateurs précédents a affirmé que la décision de le construire serait prise en 2010 ou 2011 ; j’ignore où il a bien pu le lire puisque nulle part je n’ai moi-même lu ni entendu dire que le Gouvernement allait nous l’annoncer à ce moment précis.

Nous l’appelons tous de nos vœux puisqu’il permettra à la France d’être présente sur toutes les mers, de répondre à toutes les attaques, mais aussi d’apporter la paix puisque ce bâtiment sera investi de missions humanitaires. C’est la France dans toute sa splendeur. Il ne me paraîtrait pas incongru que le Gouvernement nous laisse quelque espoir en la matière, le texte prévoyant tout de même des engagements financiers pour les cinq prochaines années.

Je souhaite ensuite vous poser une question, monsieur le ministre, sur la base d’Abou Dhabi. Nous manquons d’éléments quant aux motivations géostratégiques du Gouvernement de construire une telle base. Peut-être ce soir allez-vous expliquer à une représentation nationale certes clairsemée pour quelles raisons le Président de la République et son Gouvernement ont décidé d’ouvrir cette base.

J’ai lu qu’il s’agissait d’une vitrine de notre technologie. J’ose espérer que c’est plus que cela. À quelques kilomètres de l’Iran, le signe fort donné par l’ouverture de cette base mérite une explication précise. Et sachez qu’en tant que gaulliste j’écouterai la réponse avec la plus grande attention.

M. le président. La parole est à M. Hervé Morin, ministre de la défense.

M. Hervé Morin, ministre de la défense. Monsieur Vitel, j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer longuement à propos du second porte-avions. En toute logique, puisque la République française a décidé de le construire, il sera construit. J’ai déjà dit hier ici même qu’il convenait d’appréhender cette question dans le cadre d’une approche globale de nos crédits. Construire un second porte-avions dès à présent reviendrait à engager des tranches d’environ 500 millions d’euros.

Mme Patricia Adam. Il faut lisser la bosse des paiements !

M. Hervé Morin, ministre de la défense. Aussi convient-il d’abord d’absorber l’ensemble des grands programmes en cours, programmes que vous attendez, d’ailleurs, comme le NH 90, comme le sous-marin Barracuda dont vous faites la promotion, ou comme les frégates multimissions dont vous vantez également les mérites. La construction d’un second porte-avions se fera donc dans des conditions financières acceptables pour nos armées et la décision du Président de la République à cet égard sera prise en temps voulu avant d’être soumise à l’approbation de la représentation nationale.

L’ambition européenne, monsieur le député, a été tellement affichée par la France que, d’une part, elle a été l’un des grands succès de la présidence française, et reconnue comme telle, et que, d’autre part, Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, qui définit la stratégie de défense du pays, consacre la bagatelle d’un chapitre entier à l’ambition européenne de la France.

M. Jean-Pierre Grand. Avec quelle traduction législative ?

M. Hervé Morin, ministre de la défense. Cette ambition est bien entendu intégrée dans la loi de programmation. Elle l’est de façon un peu plus brève, mais vous y retrouverez la volonté de la France de faire en sorte que, progressivement, l’Union européenne se dote d’une capacité militaire autonome lui permettant de mener des actions militaires robustes, et permettant à l’Europe de porter…

M. Jean-Pierre Grand. Et à ce moment, est-ce que nous quitterons l’OTAN, monsieur le ministre ?

M. Hervé Morin, ministre de la défense. Écoutez, ce débat a déjà eu lieu. Nous n’allons pas le refaire une deuxième fois.

M. Jean-Pierre Grand. Mais il est important.

M. Hervé Morin, ministre de la défense. Quant à la création de la base d’Abou Dhabi, j’ai eu l’occasion de répondre, dans l’hémicycle comme devant la commission de la défense. Il y a eu au moins une, sinon deux questions d’actualité sur ce sujet. Si vous le souhaitez, je peux y revenir quelques instants.

Cette base d’Abou Dhabi, c’est la volonté de la France de reprendre toute sa place dans une zone géostratégique majeure. Si la France veut y jouer un rôle majeur, elle doit y retrouver toute son influence.

M. Jean-Pierre Grand. Sous Chirac, ce n’était pas le néant, monsieur le ministre. Nous n’avions pas de base, et cela ne nous a pas empêchés de ne pas aller en Irak. Nous avions une vraie politique étrangère.

M. Hervé Morin, ministre de la défense. Monsieur le député, pour terminer, je me permets de vous signaler que cet accord de défense qui nous lie à Abou Dhabi date de 1994, et qu’il a été cosigné par François Mitterrand et Édouard Balladur. J’imagine que vous deviez vous reconnaître aussi dans cette majorité.

M. Jean-Pierre Grand. Non, pas dans Édouard Balladur.

M. Hervé Morin, ministre de la défense. Ah bon. Très bien. Dans personne, donc.

Il n’empêche que la France est liée par cet accord de défense, qui nous engage auprès d’Abou Dhabi et dans la sécurité des Émirats arabes unis. La France manifeste, à travers cette base, la volonté de s’impliquer pleinement dans cette zone, dont on sait à quel point elle peut être sujette à des convulsions. La France a la volonté d’en faire une zone de stabilité et de sécurité. Vous qui vous affirmez gaulliste, monsieur Grand, permettez-moi de vous dire qu’être gaulliste c’est faire en sorte que la France puisse jouer tout son rôle et tenir toute sa place sur la scène internationale,…

M. Jean-Pierre Grand. Pas n’importe comment !

M. Hervé Morin, ministre de la défense. …et non pas qu’elle reste dans ses frontières.

Commentaires

bonsoir mr le maire j ai une question a vous poser au sujet de la formation professionelle j aimerais que l etat francais regarde un peu plus pres a ce qui se passe au niveau des fongecif car actuellement chauffeur pl en cdd j ai du finance (apres 3 refus du fongecif!!!!!!!!!!!)donc m endetter pour pouvoir passer le permis et la fimo pour pouvoir exercer mon metier est ce normal dans un pays de droit???????? j espere que le gouvernement reformera ce systeme pour que ceux qui veulent vraiment bosser puissent avoir droit a une formation continuez a soutenir mr de villepin la fidelite c est si rare en politique bonne continuation

Écrit par : said | 16/07/2009

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