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25/10/2011

Question à Bruno Le Maire sur le maintien du PEAD

Dans le cadre de la séance des questions au Gouvernement, je viens d'interroger Bruno Le Maire, Ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l'Aménagement du territoire sur la réduction de près de 80 % du programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD).


Question à Bruno Le Maire sur le maintien du PEAD par jpgrand


Jean-Pierre GRAND : Ma question s’adresse à Monsieur le Ministre de l’Agriculture.

Le 21 juin dernier, la commission européenne a annoncé une réduction de près de 80% du programme européen d’aide aux plus démunis. Ce programme voit ainsi son enveloppe financière amputée de 387 millions d'euros pour  2012.

A l’heure où la crise frappe les plus faible et les plus démunis, il s’agit là d’un coup dur pour les 18 millions de bénéficiaires européens.

En France, 4 millions de personnes bénéficient de cette aide alimentaire parmi lesquelles des personnes âgées, des travailleurs pauvres, des sans-abri, des personnes en situation de handicap, des femmes seules avec de jeunes enfants et de plus en plus de jeunes.

Chaque jour des milliers de bénévoles des Banques Alimentaires, Restos du CœurCroix Rouge et Secours Populaire en assurent la distribution. Adressons leurs nos remerciements et notre respect pour leur dévouement.

Dans mon département de l’Hérault, l’aide européenne représente le tiers des denrées distribuées par la Banque alimentaire. Cette funeste mesure représenterait, rien que dans l'Hérault, un million de repas en moins.

Jeudi dernier, lors du Conseil des Ministres européens de l’agriculture, vous avez exprimé, Monsieur le Ministre, votre indignation face au blocage de six Etats membres. Nous connaissons tous votre mobilisation sur ce sujet et nous vous en rermercions.

Aussi, pouvez-vous nous faire le point sur les négociations ? Pouvez-vous également nous garantir que la France, en cas d'échec des négociations, sera au rendez-vous de la solidarité pour les plus pauvres ?

Bruno LE MAIRE : Monsieur le Député Jean-Pierre GRAND.

Je regrette profondément qu’après des mois de négociation, et alors que nous sommes en pleine crise économique et sociale partout en Europe, nous ne soyons pas encore parvenus à un accord entre les 27 Etats membres sur le maintien de l’aide alimentaire pour les plus démunis.

Et je voudrai profiter de votre question pour rappeler chacun au sens des responsabilités. Je comprends parfaitement l’argument de ceux qui me disent « l’Europe ne doit pas avoir de dimension sociale », ceux qui me disent « nous ne voulons plus payer pour les pays les plus pauvres », ceux qui me disent « nous ne voulons pas d’une aide aux plus démunis qui est financière alors qu’à l’origine elle était matérielle ». Mais je vous dis une chose : tous ces arguments ne pèsent pas lourds face au risque de voir des millions de femmes, d’enfants et de familles ne pas avoir de quoi se nourrir cet hiver parce que l’Europe aurait décidé de suspendre l’aide aux plus démunis.

Nous allons par conséquent continuer à nous mobiliser, faire de nouvelles offres de compromis. J’en appelle à tous les députés européens qui à 85 % ont soutenu, toutes tendances confondues, le maintien de l’aide alimentaire aux plus démunis. Je retournerai pour la troisième fois demain à Berlin pour entamer des discussions et poursuivre notre effort de compromis avec les autorités allemandes pour qu’elles acceptent de sortir de la minorité de blocage et se rallier à notre proposition.

En tout état de cause, nous ne laisserons pas tomber les associations, que ce soit les banques alimentaires, les restos du cœur ou le secours catholique. Le Premier-Ministre l’a déjà indiqué, nous maintiendrons les crédits nécessaires.

Mais que feront l’Espagne, la Grèce, le Portugal et tous les pays qui n’auront pas de quoi payer pour leurs associations, pas de quoi financer l’aide aux plus démunis. Nous refusons une Europe des égoïsmes nationaux, nous continuerons à défendre une Europe de la solidarité.

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