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29/10/2015

Vérités sur la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires

Face aux mensonges et aux manœuvres politiques du parti socialiste, il convient de rétablir quelques vérités sur le vote du Sénat contre le projet de loi constitutionnelle autorisant la ratification de la Charte européennes des langues régionales et minoritaires.

OUI je suis favorable à la préservation des traditions et des spécificités culturelles et donc à la promotion des langues régionales !

NON la révision constitutionnelle proposée par le Gouvernement n’est pas nécessaire et même dangereuse !

- Ratification inutile
La France dispose aujourd’hui des instruments suffisants pour permettre la préservation et la valorisation des langues régionales sans avoir à recourir à une constitutionnalisation de la Charte (respect des 39 engagements pris par la France en 1999).

- Ratification, facteur puissant de division de l’unité de la République
En conférant des droits linguistiques nouveaux, la constitutionnalisation de la Charte conforte les particularismes et risque d’exacerber les communautarismes linguistiques. Elle ouvre ainsi des droits spécifiques à des locuteurs particuliers, comme par exemple :
    o Droit à s’adresser à l’administration en langues régionales ou minoritaires ;
    o Droit à demander la création de circonscription administrative qui recouvre un territoire où une langue régionale ou minoritaire est parlée.

- Ratification, introduction d’une incohérence profonde dans la Constitution source de contentieux
Par des déclarations interprétatives, le Gouvernement tente de limiter la responsabilité de la France en cas d’inapplication de la Charte. Or, la Charte n’autorise pas la formulation de réserves. Ainsi, la Constitution interdirait l’application de stipulations qu’en droit international la ratification de la Charte lui fait au contraire obligation d’appliquer.

- Ratification, manœuvre politicienne en pleine campagne pour les élections régionales
Le vote de la majorité sénatoriale repose sur des raisons de forme et non de fond. Face aux défis qui sont les nôtres sur le plan économique, social, culturel et sociétal, il importe de ne pas diviser les Français de manière factice avec un débat aux conséquences juridiques complexes et partiellement inconnues.

Il n’y a donc aucun doute sur mon positionnement. J’ai d’ailleurs cosigné une proposition de loi relative à la promotion des langues régionales qui tend à donner une assise juridique plus claire à des pratiques ou usages existants et à promouvoir l’utilisation de ces langues régionales (http://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl15-096.html).

Commentaires

Monsieur le Sénateur,

Votre argumentaire concerne votre refus de ratifier la charte européenne des langues minoritaires m'a étonné. En effet, ce refus s'appuie sur votre crainte que cette charte soit un danger pour la république tout en affirmant que les lois actuelles permettent déjà de promouvoir et sauvegarder les langues régionales.

Concernant le danger envers l'unité de la République, il ne me parait pas fondé. Si cela était, cela tendrait à dire que tous les pays européens ayant ratifié cette charte sont en danger de désintégration, ce que je ne souhaite pas pour un pays aussi exemplaire que l'Allemagne.
D'autre part, vous mettez en avant le risque de communautarisme régional, présageant déjà que les Corses, les Basques ou les Bretons (ou pourquoi les Occitans) s'engouffreraient dans cette brèche pour déclarer leur autonomie (voire leur indépendance). Cette analyse, peu réaliste, laisse sous entendre que vous avez une vision de la République très alarmiste. Ainsi, il suffirait qu'en France on inscrive dans la constitution l'existence de plusieurs langues, pour que tout s'affaisse, tout s'effondre, tout se délite. Votre vision catastrophiste de l'état de nos institutions me fait dire que, si votre perception est réelle, vous, votre organisation politique et les gouvernements que vous avez soutenus au fil de votre carrière en sont largement responsables. Peut-on imaginer une République, 5ème puissance au monde, mise en danger par quelques langues en train de mourir ? Car telle est la situation de nos langues régionales, vous le savez bien !

Cependant vous affirmez votre attachement à ce que vous qualifiez de "préservation des traditions et des spécificités culturelles et donc à la promotion des langues régionales". Je me permets d'être surpris de cette déclaration d'amour. En effet, habitant l'agglomération de Montpellier, j'ai l'occasion de passer souvent par Castelnau le Lez (dont vous êtes le Maire) et je sais bien ce qui s'y passe. Malgré cette proximité, je n'ai pas eu l'occasion de voir votre implication sur ce sujet. Pas de signalisation bilingue, pas de soutien à des écoles "Calendretas", pas de politique culturelle à "coloration" occitane. En fait, rien dans votre politique municipale ne permet de différencier Castelnau le Lez d'une ville de région parisienne ou d'ailleurs. Aucun marquage régional, aucune spécificité culturelle occitane, rien ne peut faire soupçonner que Catelnau le Lez est en Languedoc et que son terreau est l’occitan. Ainsi, cette absence démontre à quel point, malgré vos déclarations, le sujet vous soucie peu et vous qualifie comme un promoteur d'un monde "Hors sol", sans culture et sans racines. Peu vous importe que nos citoyens (du Midi ou pas) perdent l'essence même de ce qu'ils sont et de ce qui fait leur richesse. Procédant ainsi, vous faites le jeu de ceux qui organisent un monde mondialisé où tout est pareil et où la pensée devient unique quelque soit le lieu et la latitude. Plus grave, en nivelant ainsi les richesses culturelles et sociales, vous favorisez les réactions régressives de ceux qui, ne trouvant pas de place dans cette soupe indigeste, se dirigent vers l'obscurantisme, la violence, la colère. Monsieur le Sénateur, promouvoir et faire vivre notre langue est un vrai atout de stabilité et d'épanouissement dans ce 21ème siècle dont les contours sont pour le moins incertains.
Enfin, avec votre groupe politique, vous avez présenté une sorte de projet de loi (bonne conscience oblige). Après l'avoir lu, on peut se rendre compte de la médiocrité du travail d'élaboration de ce texte. En fait, rien de précis, rien d'engageant dans vos propositions. Là encore, il devient évident que l'affaire ne vous intéresse pas. Monsieur le Sénateur, en tant qu'humaniste, j'ai tendance à croire (sûrement à tort) à une certaine bonne foi de l'être humain notamment lorsqu'il a la confiance du Peuple. Ainsi, vous prétendez vouloir la sauvegarde de nos langues régionales ? Je vous demande donc de le prouver enfin dans des actes qui engagent votre mandat de Sénateur, de Maire et de co-listier aux élections régionales (dont la tête de liste vient d'affirmer de tels engagements).

Je vous remercie d'avoir pris le temps de me lire.

Frédéric Bonnet. Electeur de l'Hérault

Écrit par : Bonnet Frédéric | 03/11/2015

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