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09/09/2008

Réflexions sur le fichier EDVIGE

Je viens de réagir en direct sur l'antenne de Sud Radio à la création du fichier EDVIGE.


Le fichier EDVIGE va désormais regrouper des renseignements intimes sur toutes les personnes exerçant des fonctions et responsabilités publiques. Il est légitime de s’en inquiéter.

Personne ne peut imaginer que Michèle Alliot-Marie soit soudainement devenue un Ministre liberticide, mais les gouvernements passent, les organismes de contrôle évoluent et le fichier EDVIGE demeurera.

Les fichiers ont toujours existé mais leur regroupement, compilation informatique et l’extension méticuleuse de leur champ d’investigation sont de nature à troubler tout législateur consciencieux. Savoir que l’on peut avoir été fiché dès l’âge de 13 ans fait quelque part froid dans le dos.

On nous garantit la vigilance du Conseil d’Etat et de la CNIL. C’est certes une garantie juridico-administrative, mais en aucun cas une garantie sur la réalité des informations et sur les usages obscurs qui pourraient en être faits.

Interrogeons-nous : Qu’adviendra-t-il d’une candidature d’un étudiant en fin de cycle d’études postulant dans une administration d’Etat pour une fonction sensible et fiché dans sa jeunesse parce qu’il aurait manifesté aux côtés des altermondialistes ou autres ?

La première des libertés publiques est que chaque personne fichée puisse connaître l’intégralité des éléments contenus dans sa « biographie policière ».

Sur le plan politique, la nouvelle Constitution, que je n’ai pas votée, prévoit que les nominations à des fonctions importantes soient examinées par le Parlement. Peut-on imaginer que la commission parlementaire chargée de l’examen de ces nominations sensibles, puisse émettre un avis impartial sans exiger communication des éléments personnels du candidat contenus dans le fichier EDVIGE ?

Tout cela mérite réflexion.