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19/06/2010

Mon interview au JDD.FR

logo-jdd.jpgDominique de Villepin lance son mouvement politique samedi à Paris. Quel devrait être le ton de la journée ?

Nous allons, à n'en pas douter, assister au discours d'un homme d'Etat. A travers nous, Dominique de Villepin va s'adresser aux Français. Et tous ces soutiens qui seront dans la salle (3.000 personnes environ sont attendues, ndlr) ne seront pas des apparatchiks de partis politiques ou des gens en recherche de postes politiques. Ce seront des Françaises et des Français qui attendent un autre discours politique. Pour reprendre une formule célèbre, Dominique de Villepin va s'adresser à la "majorité silencieuse" de notre pays. Cela va évidemment au-delà de la seule UMP.

S'agit-il pour lui de la première étape vers l'élection présidentielle de 2012 ?
Nous verrons bien. La décision lui appartient. En tout cas, le débat alternatif est effectivement ouvert.

Selon un sondage, 18% des Français pensent que Dominique de Villepin ferait un bon président de la République. C'est décevant ou encourageant ?
C'est évidemment un formidable encouragement. C'est même énorme pour quelqu'un qui ne passe pas sur les grands médias...

Vous trouvez qu'on ne voit pas assez Dominique de Villepin dans les médias ?
Je constate surtout qu'il est persona non grata au 20 heures de TF1 qui est totalement verrouillé par l'Elysée. Dans ces conditions, il devient difficile pour lui de pénétrer les foyers français.

Vous vous en prenez à votre tour à l'Elysée, dans le même registre que Dominique de Villepin qui dénonce lui des "pressions" de la part de Nicolas Sarkozy...

(Il coupe) Ce n'est pas tout à fait la même chose. Ce que je vous dis au sujet de TF1, c'est récurrent. Ce que dénonce Dominique de Villepin est en revanche plus nouveau. Il s'agit d'agissements, disons classiques, de ceux qui ne veulent pas qu'il crée son parti politique ou qui sont très inquiets. Il fallait le dire pour que les gens le sachent. C'est fait, passons maintenant à autre chose.

Cela peut donner l'impression que Dominique de Villepin se complait dans un rôle de victime. N'en rajoute-t-il pas un peu ?
Je ne peux pas vous laisser dire cela. C'est totalement faux. Des preuves de pression existent: des distributeurs inoffensifs de tracts tout aussi inoffensifs ont fait l'objet de contrôles d'identité; le préfet de police en personne est venu inspecter la salle où nous nous réunirons samedi. C'est tout à fait édifiant! Je vous rappelle également que des parlementaires dits "villepinistes" ont été reçus ces derniers jours à l'Elysée (François Goulard, Marie-Anne Montchamp, Guy Geoffroy et Hervé Mariton, ndlr). Personnellement, je n'ai pas été convié, sans doute parce que Nicolas Sarkozy sait que je suis irrécupérable, mais il est clair que cette invitation, lancée à une semaine d'un grand rendez-vous politique autour de Dominique de Villepin, est par définition suspecte...

Hervé Mariton a fait savoir qu'il ne suivra pas Dominique de Villepin dans sa nouvelle aventure. Faut-il y voir une relation de cause à effet ?
Non, je ne pense pas. Les gens que Nicolas Sarkozy a convoqués à l'Elysée sont des gens très lucides. Ils sont, comme tous les partisans de Dominique de Villepin, républicains jusqu'au bout des ongles. Il leur était donc impossible de refuser une invitation du chef de l'Etat. En ce qui concerne Hervé Mariton, qui est un ami, il explique son départ par le fait qu'il n'est pas toujours d'accord avec Dominique de Villepin (lire: Mariton dit non à Villepin). Et effectivement, si les différences - sur l'Otan, sur l'Irak, etc - sont si fortes, il vaut mieux qu'il reste aux côtés de Nicolas Sarkozy...

En vous engageant aux côtés de Dominique de Villepin, ne craignez-vous pas une rupture de ban avec l'UMP et la perte, par exemple, de votre investiture pour les élections législatives de 2012 ?
La seule investiture qui vaille est celle du peuple, mais voilà tout ce qui fait la différence entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin. Nous ne sommes pas dans une logique de calculs personnels et de politique politicienne. Si l'UMP veut me faire barrage en 2012, elle n'a qu'à présenter un candidat contre moi. Nous verrons bien à qui le peuple fait confiance.

Avant 2012, Dominique de Villepin sera jugé en appel dans le procès Clearstream. Cela vous inquiète-t-il ?
Un procès est toujours inquiétant. C'est toujours un moment délicat, mais le jugement en première instance a été clair comme de l'eau de roche et l'appel formulé est avant tout un acte "politique. Et comme par hasard, on a appris la date de ce procès (qui se déroulera à l'automne 2011, ndlr) dans la semaine précédant notre rassemblement du 19 juin. Tout cela n'est que de la petite politique sans intérêt, mais c'est tout de même inquiétant pour notre pays.

Nicolas Sarkozy a rendu un vibrant hommage au général de Gaulle à Londres. Marche-t-il sur les platebandes gaullistes de Dominique de Villepin ?
Le plus grand respect que l'on doit au général de Gaulle, c'est de ne pas trahir les grands principes du gaullisme, en particulier l'indépendance nationale. Quand on est gaulliste, on est intransigeant sur un certain nombre de choses: on ne se jette pas dans les bras de l'Otan, on ne sert pas les riches au détriment d'une véritable politique sociale et humaine, etc. Tout cela pour dire que la politique menée actuellement en France est aux antipodes du gaullisme. Et les discours n'y changeront rien.