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11/02/2013

Importer en France les salles de shoot, une mauvaise idée !

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L'ouverture prochaine d'une salle de shoot, suivie très certainement par d'autres, décidée par lGouvernement, commence à faire débat.

Les uns sont pour et les autres sont contre. Un grand classique.

Non, il ne s'agit pas de résumer ce débat à une vive opposition entre progressistes qui seraient pour et réactionnaires contre.

Cette mesure concerne l'ordre républicain et la santé publique.

Pour ma part, j'y suis hostile. Je pense que l'on ne doit pas rejeter d'un revers de main les arguments de ceux qui sont favorables.

J'ai pleinement conscience du drame que vivent au quotidien les toxicomanes et en particulier ceux SDF. Mon expérience, modeste mais réelle, à leur contact, lors d'actions sociales régulières sur le terrain, pendant des années, me conforte dans cette position alors que l'on pourrait logiquement imaginer qu'elle m'inciterait à défendre l'ouverture de salles de shoot.

Les raisons ne manquent pas, seringues propres et lieux de consommation dignes et sécurisés, en sont les principales et les plus récurrentes.

Je suis désolé, mais je pense que c'est tout le contraire. Les consommateurs réguliers de drogue dure sont des êtres humains gravement malades, que l'on doit avant tout soigner et sevrer.

L'Etat n'a pas pour mission d'entretenir et de financer cette addiction mortelle. Il faut savoir que le coût d'une salle de shoot peut être évalué entre trois cent mille et un million d'euros par an.

Les salles de shoot ne soignent pas et ne sevrent pas. Elles banalisent, facilitent l'usage des drogues dures.

Elles rassurent artificiellement le toxicomane, ce qui fait dire à l'association Drug Free Australia que le risque est trente-six fois plus important d'avoir une overdose dans une salle de shoot que dans "la rue". Certes cela reste à démontrer.

On peut aussi observer que les salles de shoot, en sécurisant la personne, peuvent inciter à plus de prises régulières et parfois même à franchir la porte pour la première injection.

En Australie, comme en Amérique du Nord, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suisse, en Espagne et en Norvège, ces expériences font dire au journaliste Stéphane Kovacs dans son enquête que le bilan mondial est plutôt négatif, dans tous les cas il n'est pas positif.

Si ces expériences étaient aussi probantes que certains le laissent croire, depuis près de vingt ans l'Allemagne, aurait multiplié les salles de shoot. Ce pays, de plus de soixante-dix millions d'habitants n'en compte que trente-sept.

Enfin, il y a, en France, les lois de la République qui précisent que la vente, la détention et l'usage de la drogue sont interdits.

Qui peut trouver normal que l'on s'en affranchisse dans un "périmètre sacré" pour les toxicomanes et mécaniquement pour les dealers. Dans ce périmètre aux abords des salles de shoot, la police ne pourra remplir sa mission afin éviter de faire fuir les toxicomanes qui transportent leur dose.

Dans ce domaine comme dans d'autres, l'alternance politique ne justifie pas tout.

Le fait d'être politiquement majoritaire ne donne pas au pouvoir politique raison sur tous les sujets de société.