19.11.2010

Lettre aux élus de l'Hérault

Après le Sénat, l’Assemblée Nationale a définitivement adopté le projet de loi de réforme des collectivités locales.

Je tenais à vous informer que je n’ai pas voté ce texte. Les raisons en sont multiples, mais je souhaite les limiter à seulement quelques points qui heurtent mes convictions.

Cette loi abolit au sein des Conseils régionaux le principe constitutionnel de la parité.

La création des conseillers territoriaux est une décision perverse. Elle départementalise la Région et affaiblira les Départements. Tous les conseillers territoriaux, élus dans des cantons redécoupés, siègeront au Conseil régional, mais ne garantiront plus à l’exécutif une majorité stable. Leurs effectifs augmenteront de façon indécente pour former, dans notre région, un Conseil régional où siègeront une centaine d’élus supplémentaires.

Il me paraît choquant que le même mandat permette à un élu de siéger dans deux assemblées de plein exercice, le Conseil régional et le Conseil général. Cette particularité contestable est une atteinte au principe de limitation du cumul des mandats.

La création des métropoles sonne le glas des communes incluses dans leur périmètre administratif. Elles cesseront d’exister comme collectivité locale de plein exercice. Leurs maires ne deviendront que de simples officiers d’état civil sans réel pouvoir d’administration de l’espace communal.

Je pourrais rajouter d’autres effets pervers de ce texte dont on ne mesure pas encore aujourd’hui toutes les conséquences.

Nous devons également l’imaginer en cohérence avec les mesures qui frappent les finances locales, privilégiant les dotations d’Etat à l’impôt levé par les élus responsables et démocratiquement élus. Cette situation remet totalement en cause l’esprit des lois de décentralisation.

Voilà quelques raisons parmi d’autres qui m’ont amené à refuser de voter cette loi.

17.10.2010

Congrès départemental de l'UNC de l'Hérault

photo.JPGJe suis intervenu aujourd'hui au Congrès départemental de l'Union Nationale des Combattants (UNC) de l'Hérault réuni à Castelnau-le-Lez.

Devant près de 400 personnes, j'ai présenté les amendements cosignés au projet de loi de finances 2011 et adoptés en commission pour la revalorisation de la retraite du combattant et l'amélioration des pensions des conjoints survivants des plus grands invalides de guerre.

J'ai également dénoncé le décret n°2010-890 du 29 juillet 2010 portant attribution du bénéfice de la campagne double aux anciens combattants d'Afrique du Nord. Attendu de longue date, ce texte est trop restrictif car il fixe des conditions d'attribution tellement étroites qu'elles ne permettent pas à la quasi-totalité des combattants d'Afrique du Nord et leurs ayants cause d'en bénéficier. J'ai lu à l'assemblée le texte de ma question écrite dénonçant cette situation.

photo2.JPGEnfin, j'ai apprécié qu'une minute de silence soit observée en souvenir du 50ème militaire français mort en Afghanistan le 14 octobre 2010. La présence de nos forces armées dans ce pays doit faire l'objet d'un débat.

Ce Congrès départemental s'est terminé par un dépôt de gerbes au Monument aux Mort en présence de trente porte-drapeaux auxquels il a été rendu hommage.

30.09.2010

Mon interview dans La Gazette de Montpellier

La_Gazette_De_Montpellier-logo-6D78B7A581-seeklogo_com.gifAlors Jean-Pierre Grand, dans trois mois, vous êtes exclu de l'UMP ?
C'est moi, et moi seul, qui choisirai de rester ou de quitter l'UMP.

Les militants ont tout de même leur mot à dire, et ils ont voté massivement cette motion, ils étaient plus de cent cinquante...
Ce vote n'a aucune valeur : il s'est déroulé en mon absence, sans que l'ordre du jour n'ait indiqué qu'un tel sujet serait abordé, sans donc entendre ce que j'avais à dire. Raymond Couderc, qui est à l'initiative de cette motion, a certes été suivi par cent à cent vingt personnes, mais, par exemple, ni le maire de Sète, François Commeinhes, ni celui de Saint-Gély, Georges Vincent, par ailleurs président du groupe UMP au Conseil général, n'ont accepté de voter un tel texte, manifestant publiquement leur désaccord.
J'ai depuis rencontré de nombreux militants, de nombreux élus - et parmi eux des parlementaires - qui m'ont assuré n'accorder aucune importance à ces gesticulations dérisoires.

Tout de même : vous l'avez cherché ! Vous n'avez de cesse de critiquer tout ce que font Nicolas Sarkozy et l'UMP, et en termes parfois virulents!
Je fais mon travail de député gaulliste social. Je dénonce les injustices sociales. Je demande la suppression du bouclier fiscal. Je fais savoir que la façon dont sont traités les Roms n'est pas humaine. J'ai demandé à plusieurs reprises le retrait de nos troupes d'Afghanistan. Je me suis opposé au retour de la France dans l'Otan. J'ai émis de fortes réserves sur la loi relative aux collectivités locales. Et, sur les retraites, je trouve exagéré de faire travailler la moitié des femmes jusqu'à 67 ans.

Mais pourquoi restez-vous donc à l'UMP, si vous n'êtes d'accord sur rien ?
Écoutez, j'ai adhéré au mouvement gaulliste à l'âge de seize ans, j'en ai bientôt soixante, je reste fidèle à mes idéaux. Mais c'est vrai que je n'ai jamais vu un tel foutoir dans ma famille politique.

Pourquoi donc y rester?
Sur tous les sujets que je viens d'évoquer - les injustices sociales, le bouclier fiscal, les retraites... -, sachez que nous sommes nombreux à l'UMP à nous exprimer dans le même sens, dans toute la France. Or il n'y a que dans l'Hérault que le secrétaire départemental de l'UMP s'est mis en tête de vouloir exclure. Je vous rassure: cette démarche a beaucoup fait rire ceux qui connaissent le fonctionnement de l'UMP, et je crois savoir que ça a prodigieusement agacé les instances nationales, qui ne tiennent pas à ouvrir actuellement un nouveau front politico-médiatique. On ne peut pas exclure un député. Si, dans tous les départements, les députés de l'UMP qui s'expriment comme je le fais devaient être exclus, notre groupe parlementaire se retrouverait bien clairsemé.

Prenons la question à l'envers: en quoi êtes-vous d'accord avec l'UMP?
Avec les promesses qu'avait faites Nicolas Sarkozy !

Mais pourquoi rester, d'autant que, parallèlement, vous essayez avec Dominique de Villepin de créer un nouveau parti, voire un nouveau groupe parlementaire?
Quand je dis que rester ou quitter l'UMP relève de mon choix, et seulement de mon choix, ce n'est pas une fanfaronnade. Mon choix de rester à l'UMP tient à une constatation simple : on peut encore espérer que c'est là qu'il y a le plus grand nombre de gaullistes! Nous assistons à une droitisation et à une crispation de l'UMP, ce qui est très préjudiciable au respect d'une politique qui nous rassemble, mais j'estime qu'il est de mon devoir de tout faire pour éveiller les consciences à l'intérieur de l'UMP, et, croyez-moi, ça bouge! Voilà que même des ministres en exercice signent des tribunes dans la presse qui relèvent d'un vrai réquisitoire contre le chef de l'État. Quant à "République solidaire", dont je suis le responsable national des fédérations, et qui compte aujourd'hui vingt mille adhérents, rien n'interdit, dans les statuts de l'UMP, la double appartenance.

Raymond Couderc vous conseille de prendre votre carte au PS...
C'est aussi stupide que si moi je vous disais que lui n'a qu'à prendre sa carte au Front national! Restons sérieux. Je veux bien que le maire de Béziers donne des leçons de politique, mais quand, en Languedoc-Roussillon, alors qu'il était au second tour de l'élection régionale le seul représentant de la majorité présidentielle, il ne réalise qu'un score de 26 %, il ne peut s'en prendre qu'à lui-même. À ce niveau-là, on fait son examen de conscience et on démissionne de sa fonction de secrétaire départemental de l'UMP. Au lieu de cela, il vire le maire de Palavas, il vire le maire de Juvignac, il vire le maire de Baillargues, et il rêve de faire de même avec moi. Tout cela est dérisoire, pathétique.

Propos recueillis par Pierre Serre