10.08.2011
Réflexions sur la Libye
Comme la plupart des députés de la majorité et de l'opposition en votant l'autorisation de prolongation de l'intervention des forces armées en Libye le 12 juillet dernier, nous avons d'abord fait confiance à Alain JUPPE qui nous garantissait que la France respecterait scrupuleusement la résolution de l'ONU.
Aujourd'hui, chaque français constate que l'OTAN s'en écarte et s'enlise dans ce conflit.
Quel parlementaire français peut, aujourd'hui, accepter que la France participe à des frappes aériennes qui tueraient des femmes et des enfants ?
Où va la France en Libye ? Où va la France en Afghanistan ?
Ces graves questions restent posées.
Nous, parlementaires français, sommes aujourd'hui fondés à demander d'urgence des précisions et des explications au Gouvernement français sur la situation militaire réelle et les conséquences humaines des frappes aériennes.
Jean-Pierre GRAND
Député de l'Hérault
Vice-Président du Groupe d'Etudes à Vocation Internationale (GEVI) sur la Libye
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22.02.2010
Question sur le retour de la France dans l'OTAN au Général Georgelin sur Europe 1

En juin 2008 à l'Assemblée Nationale, je regrettais le retour plein et entier de la France dans l'OTAN qui a effectivement eu lieu en avril 2009.
Le général STOLTZ a pris le commandement des forces alliées à Lisbonne et le général ABRIAL a été nommé commandant suprême allié transformation. Un an après, on constate que les postes obtenus, à grand renfort de publicité, ne sont que des chapeaux à plume sans influence réelle sur le commandement décisionnel et opérationnel.
L'OTAN était et restera une organisation militaire totalement américaine.
Hélas, il ne pouvait naturellement pas me répondre, ces fonctions actuelles lui interdisent. Mais ce sentiment est très largement partagé par bien des militaires de tous rangs qui ne sont plus astreints au devoir de réserve.
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17.03.2009
Tribune Libre parue dans Midi Libre
La pleine réintégration de la France dans les structures militaires de l’OTAN pose un certain nombre de questions. Il convient d’y réfléchir sans dogmatisme, sans arrière- pensée politicienne, seul compte l’intérêt supérieur de la Nation.
Est-il politiquement incorrect de s’interroger sur les raisons pour lesquelles depuis le Général de Gaulle, aucun des présidents de la République, qui se sont succédés, n’a franchi le pas de la réintégration ?
Dans notre histoire contemporaine, deux courants politiques se sont opposés sur ce sujet. Sous la Vème République, le gaullisme pour qui l’indépendance de la Nation et sa grandeur sont liées. L’autre courant de pensée, plus présent sous la IVème République, considérait que la France est d’abord une Nation avec pour obligation le soutien et la promotion du monde occidental.
Aujourd’hui, les plus ardents défenseurs de ce retour plein et entier dans l’OTAN développent une même philosophie.
Depuis le Traité de Washington en 1949 créant l’Alliance atlantique, le monde a profondément changé. La disparition du bloc soviétique, l’émergence politique et économique en particulier de la Chine, de l’Inde, du Brésil, des pays arabes, les immenses besoins de l’Afrique, la situation économique actuelle des Etats-Unis et l’évolution de l’Union européenne obligent, plus que jamais, la France à conserver toute son indépendance et son originalité diplomatique pour maintenir son influence morale, politique et culturelle.
Aussi, est-il déraisonnable de redouter que cette intégration pleine et entière dans une OTAN, considérée partout sur la planète comme une structure militaire américaine, banalise la France et lui aliène la confiance de la plupart des peuples ?
Quel intérêt la France a-t-elle à se fondre dans un bloc occidental alors qu’elle a su cultiver une singularité si précieuse qui l’amenait à être un allié fidèle tout en conservant son indépendance et sa liberté de décision ?
Les partisans de la réintégration affirment que dans la situation actuelle nous sommes à l’intérieur de l’OTAN, remplissons de nombreuses missions militaires sans participer pleinement au commandement.
Faire croire aux français que cet arrimage à l’OTAN va permettre à la France de peser de tout son poids dans la stratégie et l’organisation de l’Alliance me semble être une douce illusion. Pour les Etats-Unis, l’OTAN est indissociablement liée à ses intérêts stratégiques, ils ne sont donc pas prêts à en partager le commandement.
Les partisans du retour à l’OTAN magnifient l’offre américaine de confier à un Général français le commandement allié chargé de la transformation des forces de l’Alliance basée à Norfolk en Virginie.
C’est une manœuvre habile.
En effet, ce commandement peut être considéré comme un « chapeau à plumes » destiné à rassurer l’opinion publique française mais il peut dans l’avenir devenir un piège redoutable.
L’état-major américain conservera la pleine main sur toutes les décisions suprêmes qui engagent l’Alliance et les intérêts américains. Ce commandement, même de pure forme, place la France au cœur d’une réflexion et responsabilise de fait notre pays dans une évolution de l’OTAN voulue par les américains.
Cette évolution stratégique se fera inéluctablement au détriment de l’ONU et de la construction d’une défense européenne autonome.
A quelques semaines des élections européennes, ce sujet d’importance mérite d’être abordé. Il convient de répondre à une question simple : qu’est-ce qu’un ensemble qui n’a pas la capacité d’assurer sa propre sécurité ? Sans une Europe de la défense, il n’y a pas d’Europe politique.
Avec le retour plein et entier de la France dans l’OTAN, la construction d’une véritable défense européenne s’éloigne, la France perd sa singularité diplomatique, notre pays n’est plus un trait d’union entre de très nombreux peuples. Dans ces conditions, nous pouvons craindre que l’on remette en cause notre légitimité à détenir un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies.
Ces questions essentielles touchant directement à notre indépendance nationale et à nos intérêts stratégiques méritent d’être publiquement posées par un député de la République.
11:00 Publié dans INFOS ET MEDIAS, REFLEXIONS & DEBATS | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : otan, tribune, midi libre, jean pierre grand, député, assemblée nationale |
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Dominique de Villepin sur France Info
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16.03.2009
OTAN : : "Le risque, c'est un rétrécissement de notre ambition" - Interview de D. de Villepin parue dans Le Monde
Le Monde : Pourquoi êtes-vous hostile à la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN ?
Dominique de Villepin : On a présenté cette décision comme le résultat d'un processus continu de régularisation. Ce n'est pas mon point de vue. Au fil des années, nous avons pris, c'est vrai, des initiatives pour maximiser la contribution de la France au fonctionnement de l'OTAN, mais avec toujours le même souci : préserver notre position originale et singulière au sein de l'organisation. Ce qu'on nous propose aujourd'hui est une rupture politique et symbolique.
Vous voulez absolument être le défenseur du gaullisme ?
Je m'exprime moins au nom d'une fidélité ou d'une doctrine qu'au nom d'une expérience et d'une conviction. L'OTAN ne doit pas devenir une ONU bis ou le bras armé de l'Occident.
M. Chirac avait envisagé cette réintégration lorsque vous étiez secrétaire général de l'Elysée.
Oui, mais c'était en 1995, dans un contexte très particulier, juste après la chute du mur de Berlin, l'effondrement de l'URSS et la fin de la guerre froide. Les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak ont changé la donne. Le concept de "guerre contre le terrorisme" est une aberration. La peur a conduit à renouer avec la dangereuse logique des blocs. La position originale de la France permettait de la contrecarrer. Même en 1995, je n'étais pas personnellement favorable à cette réintégration, car j'ai toujours pensé que l'indépendance de la France était intimement liée à notre singularité et à notre vocation diplomatique de pont entre l'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud. La France n'est pas un pays comme les autres du fait de son histoire, de sa présence outre-mer, de son statut de membre du Conseil de sécurité. Tout cela nous confère des devoirs et des responsabilités, comme nous avons pu le faire en Irak. Le risque qui nous guette, c'est un rétrécissement de notre ambition et une banalisation de la voix de la France, alors même que l'affirmation de notre spécificité constituait un élément de notre identité et une garantie de protection.
Si la France avait réintégré le commandement militaire de l'OTAN, elle n'aurait pas pu avoir un message fort sur l'Irak ?
Dans cette crise, il y a eu deux aspects. L'un, consensuel, a consisté à ne pas envoyer de troupes en Irak ; l'autre, beaucoup plus audacieux, a été d'empêcher les Etats-Unis, nos très proches alliés, d'utiliser la légitimité onusienne pour valider la guerre. Nous avons mené un combat et cherché à convaincre nos partenaires qu'il y avait un risque majeur d'affrontement avec le monde arabe et l'islam. C'était le devoir de la France d'éviter ce choc entre l'Orient et l'Occident. Beaucoup d'hommes politiques ne nous suivaient pas et plaidaient pour que la France ne fasse pas de vagues. Je crains que, désormais, nous ne puissions plus nous autoriser cette audace.
Le contexte a changé. N'est-il pas temps d'évoluer ?
Je ne veux pas faire de procès d'intention à Nicolas Sarkozy. Nous aurons très vite l'occasion de vérifier si nous sommes capables ou non de préserver une position originale. Ainsi en Afghanistan, Barack Obama a décidé d'augmenter la présence militaire américaine. Saurons-nous faire prévaloir notre propre vision ? En 2001, les choses étaient claires, il s'agissait de lutter contre un sanctuaire du terrorisme ; aujourd'hui, l'échec est patent. La présence de troupes étrangères coalise contre elles une grande partie des forces de ce pays. J'estime qu'il n'y a pas de solution militaire et qu'il faut entrer dans un processus de désengagement, couplé avec une nouvelle stratégie régionale et un fort soutien économique et social.
Ne faut-il pas renoncer à la singularité française, qui irrite nombre de nos partenaires, pour relancer l'Europe de la défense ?
Le président de la République fait ce pari. Je crains que l'inverse ne se produise. Dans l'immédiat, le signal que nous donnons est un renforcement atlantique dont la politique européenne de défense n'est qu'un élément marginal. Là encore, les tests concrets viendront très vite. Quid de l'agence européenne de défense ? De la constitution d'un état-major européen ? De la création d'une force d'intervention rapide qui était censée atteindre l'objectif de 50 000 à 60 000 hommes ? Nous en sommes extrêmement loin.
M. Fillon a-t-il raison d'engager la responsabilité du gouvernement sur ce sujet ?
D'un côté, il reconnaît l'importance du sujet ; de l'autre, il limite la liberté d'expression de la majorité en déplaçant la question. Ce n'est plus un vote pour ou contre la réintégration mais pour ou contre le gouvernement. La question mérite pourtant un débat de fond au-delà des clivages partisans. Je déplore que vole en éclats le consensus qui existait sur notre politique de défense. Tout cela me paraît malvenu en période de crise. Concentrons-nous plutôt sur l'essentiel : la réponse économique et sociale aux inquiétudes et souffrances des Français. Je crains que l'action du président de la République ne soit entachée aujourd'hui d'une trop grande dispersion et de confusion.
Que devrait-il faire ?
Revenir à un équilibre institutionnel plus conforme à notre Constitution et à nos traditions. Nous avons besoin d'un président qui défende une vision, soit capable de rassembler. En se substituant au premier ministre, il a du mal à jouer ce rôle de sage attaché à sa fonction. Et il prend le risque de voir sa légitimité contestée. Par la force des choses, le mécontentement se tourne vers celui qui semble détenir tous les leviers et prendre toutes les décisions. Dans ce contexte, s'ouvrir à des personnalités fortes, capables de marquer un rassemblement plus large, serait un bon signal. La majorité ne manque pas de talents désireux de servir, à l'image d'Alain Juppé.
Faut-il changer de politique ?
Il faut rassembler le pays autour de ses valeurs fondamentales : l'indépendance, les principes républicains, le sens de l'intérêt général. C'est nécessaire pour retrouver la confiance des Français. Cela ne relève pas d'une simple stratégie de communication. Il faut reconnaître certaines erreurs commises sur le plan institutionnel et politique et en tirer les leçons. C'est en faisant preuve d'écoute et d'humilité que l'on peut avancer.
Cela veut dire en finir avec la rupture ?
La rupture était une erreur. Elle a été un moyen de conquête mais elle ne correspond pas à la réalité du pays et, aujourd'hui, en temps de crise, elle est devenue dangereuse. On a le sentiment qu'il y a une idéologie au pouvoir qui obscurcit la capacité à avancer en rassemblant. Seul doit prévaloir l'intérêt de la France et des Français.
Source: propos recueillis par Françoise Fressoz et Patrick Roger (Le Monde)
17:29 Publié dans REFLEXIONS & DEBATS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : otan, villepin, jean pierre grand, député, assemblée nationale |
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07.07.2008
Intervention lors du débat sur la défense
Je suis intervenu ce soir lors du débat sur le livre blanc de la défense et de la sécurité nationale à l'Assemblée Nationale.
20:25 Publié dans ACTUALITE NATIONALE, REFLEXIONS & DEBATS | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : livre blanc, défense, sécurité nationale, OTAN, de gaulle, jean pierre grand, assemblée nationale |
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